Pour réduire l'usage des camions frigorifiques, on peut agir sur trois leviers. Le premier est la mutualisation : partager entrepôts froids, tournées et véhicules entre plusieurs expéditeurs. Le deuxième est le report modal, qui fait passer les longues distances par le rail, le fleuve ou la mer. Le troisième est le froid passif embarqué : des conteneurs isothermes équipés de plaques eutectiques ou de neige carbonique permettent de transporter des produits sous température dans un véhicule non frigorifique.
- Le profil de vos flux : volumes, fréquence, distances et plages de température à respecter, produit par produit.
- Le taux de remplissage de vos camions frigorifiques : un véhicule à moitié vide sur une tournée régulière se prête souvent à la mutualisation.
- La conformité ATP des engins et des conteneurs utilisés, ainsi que la date de leur prochain renouvellement.
- L'autonomie thermique nécessaire : durée du trajet, nombre d'ouvertures de portes, temps d'attente sur les quais.
- La traçabilité des températures : qui enregistre les données, avec quel outil, et comment les relire en cas de litige.
- Les infrastructures disponibles près de vos sites : plateformes froides partagées, terminaux ferroviaires ou portuaires.
Olivo, fabricant français de conteneurs isothermes et de froid passif
Installée à Roche-la-Molière, dans la Loire, la société OLIVO conçoit et fabrique des conteneurs isothermes professionnels et des sources de froid passif. Fondée en 1956 par Jean Olivo, elle produit des conteneurs isothermes depuis 1970 et a mis au point en 1996 le SIBER SYSTEM®, une réfrigération cryogénique bi-température à la neige carbonique, présentée parmi ses solutions cryogéniques de transport. Elle travaille pour une clientèle professionnelle : distribution alimentaire, restauration collective, logisticiens, cryogénie, santé et pharmacie.
- Conteneurs isothermes ROLL (format armoire), BAC (format bahut) et BOX (polypropylène expansé, pour le dernier kilomètre), conformes ATP.
- Plaques eutectiques déclinées en 7 liquides eutectiques, de -20 °C à +20 °C.
- Transport pour le secteur de la santé de -80 °C à +2/+8 °C, avec pré-qualification thermique en laboratoire, suivi de température RFID/NFC et géolocalisation.
- Achat ou location, gestion de parc, maintenance et réparation dans toute la France, renouvellement ATP, formation.
- Recyclage des conteneurs en fin de vie, avec certificat de destruction.
D'autres entreprises interviennent sur le marché de l'isotherme, parmi lesquelles COLD & CO et Frima Concept. Le plus sûr reste de comparer les offres sur pièces, à partir de vos propres contraintes de température et de trajet.
Comment la mutualisation des entrepôts froids réduit-elle l'usage des camions frigorifiques ?
Un camion frigorifique coûte cher, qu'il roule plein ou non. Quand plusieurs chargeurs livrent les mêmes zones avec chacun leur propre véhicule réfrigéré, une partie de la capacité circule à vide. La mutualisation consiste à regrouper ces flux : un entrepôt froid partagé reçoit les marchandises de plusieurs fournisseurs, les consolide, puis organise des tournées communes vers les points de vente ou les cuisines centrales.
Le gain se joue sur deux tableaux. Moins de véhicules sont nécessaires pour livrer le même volume, et ceux qui roulent sont mieux remplis. Pour les distributeurs, l'intérêt est aussi pratique, puisqu'une seule réception remplace plusieurs livraisons fractionnées.
Le multi-température dans un seul véhicule
La mutualisation bute souvent sur une difficulté concrète : un produit surgelé, un produit frais et un produit sec ne voyagent pas à la même température. Le camion bi- ou tri-compartiment est une première réponse. Les conteneurs isothermes en sont une autre. Chaque conteneur embarque sa propre source de froid (plaques eutectiques réglées sur la température voulue, ou neige carbonique), et l'on peut ainsi charger plusieurs températures dans un même véhicule, y compris un véhicule non frigorifique. Pour les livraisons de dernier kilomètre en centre-ville, cette logique permet aussi d'utiliser des utilitaires légers ou des vélos cargos.
Cette approche demande en revanche de la rigueur. Il faut préparer les plaques eutectiques à l'avance, maîtriser le temps de remise en froid et vérifier que l'autonomie du conteneur couvre bien toute la tournée, attentes comprises.
Le report modal est-il une solution pour la chaîne du froid en France ?
Pour les longues distances, il l'est, à condition que les volumes soient réguliers. Le principe est connu : le camion ne fait que les extrémités du trajet (pré- et post-acheminement), et la partie principale passe par un autre mode.
- Le rail : le transport combiné rail-route utilise des caisses mobiles ou des conteneurs frigorifiques qui passent du camion au train sur des terminaux dédiés.
- Le fluvial : il convient à des flux massifs et peu urgents, le long des grands axes navigables.
- Le maritime à courte distance : pour certaines liaisons côtières ou européennes, les conteneurs réfrigérés embarquent sur des navires rouliers ou porte-conteneurs.
Le report modal suppose d'accepter des délais plus longs et moins souples, et de disposer d'un terminal à portée raisonnable de ses sites. Il impose aussi de bien prévoir les ruptures de charge, car chaque transbordement expose la marchandise à une remontée de température. Le choix du contenant compte donc autant que celui du mode : des conteneurs isothermes conformes ATP, avec un suivi de température enregistré, permettent de documenter chaque étape.
Comment réduire les émissions des camions frigorifiques qui restent indispensables ?
Il restera toujours des trajets où le camion frigorifique sera la bonne réponse. Plusieurs leviers permettent alors de limiter son impact :
- Optimiser les tournées : mieux planifier les itinéraires et les créneaux de livraison réduit les kilomètres parcourus et les attentes moteur tournant.
- Entretenir les équipements : une caisse isotherme dégradée ou des joints usés font travailler davantage le groupe froid. Le contrôle périodique ATP sert précisément à vérifier les performances d'isolation.
- Limiter les ouvertures de portes : regrouper les produits par point de livraison dans des conteneurs dédiés évite de refroidir à nouveau toute la caisse à chaque arrêt.
- Revoir la motorisation et le groupe froid au moment du renouvellement du parc, en comparant les technologies disponibles selon votre usage réel.
Pour structurer cette démarche, l'ADEME porte avec les organisations professionnelles le programme EVE (Engagements Volontaires pour l'Environnement), qui comprend notamment la charte Objectif CO2 destinée aux transporteurs. Les conditions d'adhésion et les éventuels accompagnements évoluent : il faut les vérifier directement auprès de l'ADEME ou des organisations qui portent le programme.
Sur le plan réglementaire, la réduction des camions frigorifiques ne dispense d'aucune obligation. Les températures de conservation des denrées et les règles d'hygiène s'appliquent quel que soit le moyen de transport. L'accord ATP encadre les engins de transport sous température, et ses modalités d'application diffèrent selon le type de transport, la distance et la nature des denrées. En cas de doute sur un cas précis, les services vétérinaires de la DGAL et la DDPP de votre département sont les interlocuteurs compétents.
Le froid passif tient donc une place à part dans cette panoplie, parce qu'il découple la production de froid du véhicule. C'est le métier d'Olivo, fabricant ligérien de conteneurs isothermes ROLL, BAC et BOX, de plaques eutectiques et de la solution cryogénique SIBER SYSTEM®, qui assure aussi la maintenance et le renouvellement ATP de ses conteneurs partout en France.
Questions fréquentes
Un conteneur isotherme peut-il remplacer un camion frigorifique ?
Sur certains trajets, oui : un conteneur isotherme muni d'une source de froid passif (plaques eutectiques ou neige carbonique) peut voyager dans un véhicule non frigorifique. Tout dépend de la durée du trajet, de la température à tenir et du nombre d'ouvertures. Un essai mesuré sur une tournée réelle reste le meilleur moyen de le vérifier.
Qu'est-ce qu'une plaque eutectique ?
C'est une plaque remplie d'un liquide qui change d'état à une température précise. Une fois congelée, elle restitue le froid en maintenant cette température tant que dure le changement d'état. Le choix du liquide détermine donc la température de transport.
La mutualisation convient-elle aux petites entreprises ?
Elle leur convient souvent particulièrement, puisque leurs volumes seuls ne justifient pas toujours un véhicule réfrigéré dédié. Passer par une plateforme froide partagée ou par un logisticien qui consolide les flux permet d'accéder à une livraison sous température sans immobiliser son propre parc.
Les conteneurs isothermes doivent-ils être conformes ATP ?
Pour le transport de denrées périssables relevant de l'accord ATP, les engins utilisés doivent répondre à ses exigences, et leur conformité se renouvelle périodiquement. Le champ d'application comporte des exceptions selon les distances et les produits : il vaut mieux vérifier sa situation auprès des autorités compétentes avant d'organiser ses flux.